RETRANSCRIPTION


Canapé 1ère question

_ Quand tu es sorti de SRC, qu’est-ce que c’était pour toi le multimédia ? Quelles sont tes réflexions sur le multimédia ?

_ Aujourd’hui, le terme Multimédia, je ne l’utilise pas du tout dans mon langage. Pour moi, le terme multimédia s’applique d’avantage pour le grand public qui va utiliser un magnétoscope, un lecteur DVD, une chaîne hi fi, qui va utiliser aujourd’hui de nouveaux appareils audiovisuels qui sortent pour le grand public, qui vont permettre d’écouter des fichiers MP3 sur des chaînes hi fi.
Pour moi, le multimédia c’est ça. Ca ne s’applique pas du tout au marché professionnel. Le terme multimédia se prête d’avantage pour du grand public que pour un secteur professionnel. Mais peut-être, parce que j’ai été trop longtemps dans Internet, et que c’est une déformation professionnelle, je ne saurai pas vous dire.


_ Qu’elle est ta définition du multimédia ?

_ Ma définition du multimédia se prête d’avantage pour un marché grand public que pour un marché professionnel. Pour moi, le terme multimédia se prête d’avantage pour une utilisation domestique au sein de la maison, ça peut être un ordinateur qui est utilisé par la famille, ça peut être une chaîne hi fi, de nouveaux appareils qui viennent d’arriver sur le marché qui permettent entre autre de centraliser des données audiovisuelles, numériques au sein de la maison, pour pouvoir les écouter au sein de la famille. Mais par contre, c’est un terme que je n’emploie jamais dans un contexte professionnel. J’utilise d’avantage le terme Internet.


_ Dans ce cas l’audiovisuel, c’est différent d’Internet ?

L’audiovisuel c’est du multimédia, mais dans un contexte grand public. Pas dans un contexte professionnel. Quelqu’un qui fait de l’audiovisuel à la télévision, pour une chaîne de télévision ou qui fait une vidéo, il fait de l’audiovisuel pas du multimédia.
Le terme multimédia est utilisé dans mon vocabulaire dans un contexte grand public, familial.

CANAPE 2ème question

_ Comment se porte le marché du multimédia ? Quel regard portes-tu d’après tes expériences professionnelles ?

_ Le marché du multimédia a énormément évolué ces 4 ou 5 dernières années. Quand j’ai fini mon cursus SRC c’était la mode du Cdrom. Dans le cadre de ma formation SRC, nous avons développé beaucoup d’applications multimédias à base de Director ou d’autres applications similaires.
Une anecdote assez marrante, c’est les 2 ou 3 fois, en 1997-1996, l’année où j’ai fini mon cursus scolaire ; les 2 ou 3 fois où on a pu voir ce que c’était qu’Internet, c’était en allant dans les salles des professeurs. Tout ça pour dire que, à l’époque c’était quelque chose qui n’était pas du tout répandu. C’était quelque chose d’émergeant, mais qui ne suivait pas une demande du marché.
Donc le marché du multimédia, à l’époque, était principalement basé sur les demandes des Cdrom, et puis peu à peu il y’a eu des demandes d’applications multimédias exploitables sur le réseau Internet et j’ai suivi cette évolution, car j’ai intégré des agences Web dont la spécialité était le développement d’applications uniques pour le réseaux Internet.
Ces applications étaient dans un premier temps destinées uniquement pour présenter les activités des sociétés, ce qu’on appelle les sites prémaquettes qui collectent très très peu d’informations pratiques sur la société. Ce n’était que des présentations générales de la société. Et puis, il y a eu un abus d’Internet, toutes les sociétés ont voulu investir sur ce marché naissant. Elles espéraient gagner beaucoup d’argent sur ce secteur. Très rapidement, elles se sont rendues compte que les investissements qu’elles menaient sur ce secteur ne permettaient pas de retour sur investissement grâce à ce média de communication. Et donc, ce qui c’est passé, beaucoup de sociétés se sont désengagées d’Internet, pour laisser place à de applications qui sont aujourd’hui d’avantage professionnelles, qui sont d’avantage tournées vers les besoin réels de la société. Aujourd’hui une société qui développe une application multimédia pour le réseau Internet est d’avantage destinée pour une utilisation intra-entreprise. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui des intranet, dont le but aujourd’hui est de faciliter la communication entre les employés, de faciliter la communication avec les fournisseurs, les clients, tous les intervenants d’une société.


_ Et pourtant, on voit beaucoup de sites pour des films, des entreprises ?

_ C’est différent, ce sont des sites de publicité. Internet, aujourd’hui c’est un canal de publicité. Aujourd’hui, la France compte 5 million d’abonnés au réseau Internet, 20 % d’entre eux au réseau haut débit.
Donc le grand public a mis du temps pour arriver sur ce secteur, mais il a fini par venir.
Et aujourd’hui, Internet est vraiment utilisé vis-à-vis du grand public comme un canal de promotion pour un film, un produit.
Donc aujourd’hui nous sommes dans les locaux de Framfab qui a réalisé récemment des sites de fidélisations pour une société de grande couture. Ce sont des sites destinés au grand public. Mais dans un but promotionnel. Comme un vecteur de communication.

CANAPE 3ème question

_ Qu’est-ce que tu faisais dans les agences Web dans lesquelles tu travaillais ?

_ J’ai travaillais dans deux agences Web différentes.
La première s’appelle aujourd’hui NeuroCythere. A l’époque, elle s’appelait Cythere. Depuis, ils ont été racheté par un groupe québécois qui s’appelle Neuron. J’y suis entrée juste après ma formation SRC comme développeur multimédia.
Je cherchais à l’époque une société pour pouvoir faire une formation par alternance aux Gobelins. Les Gobelins ne voulaient pas de moi parce qu’ils estimaient que la formation SRC était largement suffisante et que je n’avais pas du tout besoin de faire la formation des Gobelins. Par contre, la société que j’avais trouvé, Cythere, voulait absolument m’embaucher parce qu’ils étaient en plein recrutement. Donc j’ai participé au développement de divers sites Internet, dont le site de Danone, le site de l’Oréal. Au bout de 5 mois, je me suis rendue compte que la société offrait très peu de possibilités d’évolution au sein de la société. Moi je voulais évoluer vers des postes d’assistant chef de projet ou chef de projet. Les dirigeants ne voulaient pas du tout offrir ce genre de poste à des gens qui étaient diplômés bac +2, ils l’offraient uniquement à des diplômés bac +4 bac +5. Donc j’ai quitté cette société pour intégrer une société qui s’appelait à l’époque W-Cube et qui s’appelle aujourd’hui FrameFab, la société où nous sommes aujourd’hui.
A l’époque c’était une société qui comptait 4 ou 5 employés, une tout petite société qui était basée aux Ulysses. J’ai été embauché pour développer un Cdrom de promotion des produits médicaux. Et puis, j’y suis resté 4 ans. C’est une société qui m’a donné beaucoup d’opportunités puisque avec le temps, j’ai pu gravir les différents échelons, j’ai été assistant chef de projet. J’ai été ensuite chef de projet sur de tout petits budgets de quelques dizaines de milliers de francs. Et puis avec le temps, avec la croissance de la société, vu que je faisais parti quasiment des plus anciens de la société, donc avec le temps je suis devenu chef de projet. Puis la société a continué à croître jusqu’à atteindre une taille de à peu près 150 personnes. Ce qui m’a permis d’évoluer vers des postes de directeur de projet, où j’ai encadré différents chefs de projet, et en fait j’ai quitté cette société alors que j’étais en fait directeur d’agence, puisque la société était divisée en 2 entités. L’une des 2 entités était sous ma responsabilité.


CAMERA CAFE 4ème question

Un café noisette
Le café gratuit c’est rare quand même. _ ouais.

_ Alors c’était comment l’ambiance dans les entreprises où tu as travaillé ?

_ C’était je pense. Les 4 ou 5 années que j’ai passé dans les agences Web, c’était les 4 ou 5 plus belles années de ma vie. Je pense. J’ai rencontré des gens incroyables. Aujourd’hui, tous les amis que j’ai, que je rencontre dans le quotidien sont des gens que j’ai rencontré dans les agences web. Ce qu’il faut savoir c’est que le rythme de travail était complètement différent du mode de travail au sein d’une société beaucoup plus classique. On avait des horaires complètement décalés. Le lundi, on arrivait à 8h30-9h. Y’avait une grande charrette. On finissait à 2h du matin. Du coup le lendemain, on arrivait à 11h parce qu’il fallait dormir un tout petit peu. Et du coup forcément, toute la semaine était chamboulée dès le premier jour de la semaine.

_ Ca te plaisait quand même de travailler jusqu’à des heures pas possibles ?

CA me plaisais car j’avais vraiment l’impression de créer quelques chose . On se disputait, on se réconciliait, on se re-redisputait derrière pour essayer de concevoir des idées, qu’on espérait aller changer le monde. Ca ne l’a pas changé, mais peut-être au contraire. C’était vraiment quelque chose de vraiment incroyable. Je ne pense pas que j’aurai la même approche après ces 4 ou 5 dernières années d’expériences. Je pense que l’approche qu’on a eu était une approche assez marrante, mais c’était la meilleure approche pour pouvoir réussir et monter une activité professionnelle sur du long terme.

_ Et quelle a été l’influence sur ta vie privée?

Ca a été très négatif pour ma vie privée parce que pendant assez longtemps à force de rentrer très très tard, tu chamboules ta vie privée, donc ça pèse dessus. Maintenant en prenant du recul, peut être que à l’époque j’aurai préféré avoir les 35 heures, les RTT, avoir les vendredis libres une semaine sur deux pour pouvoir partir en week-end avec ma copine, avec des amis. Alors que à l’époque mon patron m’appelait le samedi soir pour livrer un travail le mardi. Donc trois jours après.. donc venir travailler le dimanche matin, ça veut dire aussi le samedi essayer de trouver des équipes. Donc passer des coups de téléphone et déranger les gens, perturber leur rythme familial, donc c’est les côtés un peu négatif du boulot de chef de projet, y’a des points positifs mais aussi des points négatifs.


EXTERIEUR _banc 5ème question

_ Comment vois tu SRC maintenant ?

_ Je suis de la 2ème promotion, ça remonte à 95_96. Ca fait 5 ans que j’ai quitté l’IUT. Ma vision de SRC, c’est un peu une sorte de cursus préparatoire au métier de ce que vous appelez le multimédia. Si on fait une comparaison avec un cursus un peu plus classique, ce sera quelque chose comme un DEUG, comme math sup math spé pour un diplôme d’ingénieur, c’est la vision que j’ai. C’est une formation qui prépare aux métiers de ce que vous appelez le multimédia. Et j’imagine que les élèves aujourd’hui ont deux possibilités. Soit espérer malgré la crise de pouvoir intégrer une agence Web ou bien un studio audiovisuel, un studio de création ou d’autres métiers du multimédia. Donc intégrer ces sociétés pour pouvoir être assistant chef de projet dans une webagency, des assistants de production audiovisuel, des assistant réalisateur dans une chaîne de télévision par exemple. Pour ceux, les élèves qui souhaitent poursuivre leur cursus universitaire SRC sera de se spécialiser soit dans les métiers audiovisuel, soit sur des métiers un peu plus techniques liés à Internet ou du développement informatique, soit des métiers créatifs, si parmi vous il y a des gens qui se sentent bien dans l’infographie, dans le design. C’est une vision préparatoire aux métiers multimédia.

EXTERIEUR_DEVANT ARBRE 6ème question

_ Aujourd’hui que fais-tu ?

_Aujourd’hui, je fais tout sauf ce que j’ai pu apprendre ou faire précédemment. Aujourd’hui, je suis dans l’immobilier. Je fais un métier qui est assez ancien. Je suis marchand de bien. Mon métier consiste aujourd’hui à acheter des appartements aux prix les plus bas et essayer de les revendre aux prix les plus hauts.


_ Aujourd’hui que fais-tu ?

_ J’ai décidé pour quelques temps d’arrêter toute s activités liés au multimédia ou à Internet, un peu à cause de ce qui se passe sur le marché financier et sur la petite crise que traverse le secteur. J’ai décidé de me tourner vers l’immobilier. Aujourd’hui, je suis marchand de bien. Mon métier consiste à acheter des appartements ou d’autres surfaces immobilières aux prix les plus bas et les revendre aux prix les plus haut.


EXTERIEUR_DEVANT ARBRE 7ème question

_ Retourneras-tu au multimédia un jour ?

_ J’espère. Ce qui c’est passé, j’ai passé tout l’été avec un ami à chercher un projet d’entreprise lié à ce que j’ai pu faire précédemment : la communication, Internet, le multimédia. Et je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de portes qui se fermaient parce que le budget de communication, les budgets marketing étaient réduits. Il se trouve aussi que à cette époque là, je bricolais mon appartement et lui bricolait une petite maison qu’il avait à la campagne. Et on s’est dit que l’immobilier était quelque chose de marrant.


CAFE

_ Un petit message à tous ceux et celles qui sont SRC et ceux qui vont intégrer cette formation. C’est vrai qu’aujourd’hui le marché ne se porte pas super bien. Ca peut être assez découragent. Mais vous avez la chance de faire une formation qui est plurimédia. Il n’y a pas que Internet qui est une source de déboucher, pour vous. Il y a d’autres secteurs comme l’audiovisuel, notamment, dans lequel je crois énormément. Donc n’hésitez surtout pas à regarder d’autres débouchers autre que Internet. Et puis profiter peut-être de cette formation pour essayer de poursuivre votre cursus scolaire. Et d’espérer peut-être dans 2 ou 3 ans quand vous finirez vos études et quand vous souhaiterez aller sur le marché du travail, ça se portera un peu mieux peut-être. J’espère.

Un tout petit message à Madame Puig-Lambert. Je voulais vous dire que je regrettais beaucoup de ne pas avoir été très assidu à vos cours. Je regrette beaucoup. Ces 4 ou 5 dernières années, plus d’une fois ils auraient pu me servir. Je suis persuadé que ce que vous apprenez aux élèves aujourd’hui et ce que vous appreniez à l’époque aurait pu me servir. Plus d’une fois, j’ai regretté le manque de sérieux que parfois vous me reprochiez à l’époque. En tout cas, je voulais vous dire que l’agence REFLET a pris très au sérieux ce travail et j’espère qu’ils auront une très bonne note.

 

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